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L'histoire
des peuples bushinengue, présents sur les deux rives du fleuve
Maroni trouve son origine aux 17ème et 18ème siècles
au Surinam. Ces
peuples ont élaboré
la culture originale et ont développé des formes esthétiques qui leurs
sont propres. Riche et variée, la culture bushinengue revêt de multiples
aspects.
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Les
collections du Musée permettent de rendre
compte des origines africaines des esclaves importés au
Surinam et en Guyane. Des textes et des documents rappellent
la brutalité de
l'esclavage au Surinam, cause principale des révoltes donnant
naissance aux groupes marrons. Dans
le cadre du futur musée régional, sera évoquée
la diversité linguistique et culturelle des Marrons de l'ouest
(Kwinti, Saramaka, Matawai) et de l'est (Aluku, Ndjuka, Paramaka),
née des révoltes successives. Pour
ces peuples déracinés,
''l'occidentalisation'' depuis leur arrivée
au Nouveau Monde, s'est faite peu à peu à travers notamment des
relations qu'ils ont entretenues avec les
populations côtières, par exemple
à travers l'importation d'objets ou l'exportation de travailleurs
temporaires,
etc... On
note
aussi l'influence
importante
des
amérindiens dans le domaine de la vie matérielle
: vêtements, techniques d'horticulture et de préparations
alimentaires, exploitation de la forêt, etc.
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| Pour
autant les origines africaines de ces peuples n'ont pas été oubliées
: l'influence des diverses cultures africaines d'où venaient
les ancêtres des Marrons reste importante et essentielle
sur les traits principaux de leur vie sociale et spirituelle :
organisation politique, parenté, division sexuelle, mariage,
transe et divination, rôle des ancêtres dans la vie
quotidienne... |
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L'art
bushinengue est unique. L'existence de choix conscients de la
part des artistes en matière
de forme, de symétrie,
de couleurs, de patine, etc., pour chacun de leurs
moyens d'expression artistique est remarquable.
Les objets présents dans les
collections du MCG rendent sensibles les catégories
esthétiques des Marrons, leurs préférences
pour telle ou telle forme plastique, ou encore les
distinctions qu'ils font
entre une esthétique "masculine" et
une esthétique "féminine".
De la même manière, on remarque
les différences
régionales reconnues en matière d'esthétiques. |
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Il est intéressant également de constater à quel
point les cultures marrones perçoivent les phénomènes
d'innovation et d'improvisation, et la façon dont une production
variée
et changeante naît de l'activité créatrice de
chaque artiste, évoluant de génération en génération,
d'une façon propre à chaque moyen d'expression.
Les Bushinengue en sont conscients et élaborent à ce
sujet un discours qui constitue une véritable "histoire
de l'art", avec des périodes nommées, des maîtres
connus, et des changements stylistiques par le passé et aujourd'hui.
Une
grande partie des collections rassemblées, et surtout les objets
en bois et les textiles sont classés selon les catégories
stylistiques reconnues par les Marrons eux-mêmes. |
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Cet
aspect des sociétés bushinengue peut être
abordé à partir de n'importe quel élément
de leur culture. En effet, tout en ayant en commun nombre de traits
culturels, les Bushinengue de l'ouest et les Bushinengue de l'est ne
mangent pas
les mêmes
repas, ne dansent pas les mêmes danses, ne racontent pas le même
genre de contes, n'entrent pas en transe pour les mêmes divinités,
et ne partagent pas le travail entre hommes et femmes de la même
façon.
Cette
diversité culturelle, toujours
dans le cadre de leurs origines communes, peut être mise
en évidence à partir
d'exemples pris dans des domaines de l'art et de la vie matérielle
montrant les innombrables variations des costumes, des techniques
artisanales
et des styles artistiques.
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Joueur d'agwado, instrument traditionnel bushinengue |
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octobre 2003 |