Le choix de placer comme une introduction aux salles du futur musée régional la question de la "découverte" ne relève pas de la provocation ni du goût du paradoxe : l'histoire des peuples de Guyane ne commence certes pas au 16ème siècle, mais on considére que cette époque est en quelque sorte un point d'éclatement, et qu'elle marque un tournant essentiel dans le devenir des différentes populations qui constituent la Guyane aujourd'hui.


l'histoire propre des Amérindiens, qui se déroule ici depuis des millénaires, va connaître un infléchissement considérable. Elle offrira désormais le spectacle d'un profond déclin démographique et sera marquée par des recompositions ethniques et culturelles qui mettront en place le paysage de la Guyane amérindienne contemporaine.

 

une autre histoire prend place à la même époque dans cet espace ouvert à l'exploitation coloniale. Elle met en présence deux ensembles de peuples, issus de l'Europe et de l'Afrique : dans cette histoire se forment d’une part la société créole, au sein même du système esclavagiste, et d’autre part les sociétés "marrones", nées d'une résistance radicale à l'esclavage, qui s'inscriront très vite dans un univers culturel original.

On comprendra donc que le propos n'est pas de faire ici une célébration de cette rencontre entre ancien et nouveau monde, moment que certains peuples considèrent aujourd'hui comme dramatique, mais d'introduire à une histoire : ouvrir le musée par la question de la "découverte" signifie que l'on s'attache, dans le discours qui va se développer, à en explorer les conséquences pour les différentes composantes ethniques de la Guyane, montrant à travers les processus de contact et de domination la formation des principaux ensembles culturels composant la Guyane d'aujourd'hui.

 
 
   
 
Il s'agit essentiellement d'évoquer le contact de deux civilisations, européenne et amérindienne, qui se poursuivra au cours des 17ème et 18ème siècles, évoquant par là une présence antérieure, ancienne, des populations amérindiennes sur cette terre.

La "découverte" met en place nombre de stéréotypes à travers les lectures européennes des cultures amérindiennes rencontrées du 16ème au 19ème siècle sur la côte orientale du sous-continent, et surtout au Brésil (les documents relatifs à la Guyane stricto sensu étant rares ou inexistants).

On présentera, notamment à travers l'iconographie et les textes, une évocation des permanences et des modulations historiques de ces représentations stéréotypées de l"indien".

Une seconde partie évoquera l'histoire amérindienne depuis le contact avec les Européens. Autour de ce thème seront traités les échanges culturels entre deux civilisations :

 
 

marchandises de traite, dont certaines seront intégrées aux cultures amérindiennes au point d'en constituer aujourd'hui un signe emblématique : l'exemple des perles.

   
emprunts européens aux Amérindiens : céramiques amérindiennes employées sur les habitations (objets de fouille), traits majeurs de la culture matérielle et de l'alimentation (culture itinérante sur brûlis, manioc).
 


Succédant à la phase de la "découverte", et conséquence du développement du système de l'Habitation, traite et esclavage n'ont guère de valeur explicative par eux-mêmes mais doivent être traités comme une introduction aux processus auxquels ils donnent naissance.

     

La traite, en Guyane, à l'écart du développement sucrier des îles des Antilles, s'éloigne sensiblement du schéma antillais, dans lequel se trouvaient mobilisées les ressources du "commerce triangulaire".

A travers les collections du MCG le travail de l'esclave, sa vie et la culture originale qu'il élabore, peuvent être très largement illustrées.

   

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