Kase masak - Mémoire, esclavage et liberté

  Dates de l'exposition : du 8 juin au 2 juillet 1994

Le développement de l’économie coloniale repose sur le système esclavagiste.

L’expansion maritime, économique et commerciale européenne entraîne la colonisation des terres d’Amérique aux 16ème et 17ème siècles. La traite négrière permet de se procurer une main d’œuvre servile enlevée des côtes d’Afrique où s’élèvent des comptoirs et des forts portugais, français ou hollandais, véritables bases logistiques d’organisation de la traite.
Les esclaves sont le plus souvent capturés lors de razzias dans les villages. Le commerce, alimenté par les prisonniers de guerres tribales est effectué en accord avec les souverains locaux en échange des marchandises de traite.

Caravanes d’hommes maintenus en longues files (chaque esclave est attaché par le cou à l’aide d’une fourche de bois), les captifs sont conduits par un marchand vers les comptoirs situés sur la côte.

L’arrivée des esclaves dans la colonie est un moment important pour les habitants. Annoncée à la criée, par voie d’affiches ou de presse, la vente des captifs se fait par lots ou à la pièce et le prix d’un esclave se calcule en livres de sucre.

Le Code Noir, édit établi par Colbert en 1685, régit la vie de l’esclave et détermine la condition juridique de celui-ci dans les moindres détails. Faisant obligation aux maîtres de subvenir aux besoins de leurs esclaves en leur assurant un minimum vital en matière de nourriture et d’habillement, il déclare cependant l’esclave propriété du maître, au même titre qu’un bien meuble.

Le marronage, sévèrement puni par le Code Noir, est le fait d’esclaves qui, seuls ou en groupe, fuient l’habitation. Les peines encourues par les fugitifs vont du fouet à la peine de mort. On distingue le petit marronage, de courte durée et souvent individuel, du grand marronage, de longue durée, qui concerne des groupes d’esclaves parfois importants qui s’enfuient dans les «grands bois».

Le système esclavagiste, dont la suppression par décret est proclamée à Cayenne par le Gouverneur Pariset le 10 août 1848, joue un rôle important dans la formation de la société créole : il se trouve à la source de la culture créole et est à l’origine de la structure économique traditionnelle. A côté de la population d’esclaves libérés en 1848 et des affranchis, prend place le groupe des mulâtres et des noirs libres, qui constituent progressivement une société dans laquelle on peut lire les prémisses de la culture créole.


Accueil - Informations - Expositions - Collections - Publications - Actualités - Plan du site

MCG - 78 rue Mme Payé - 97300 Cayenne - 05 94 31 41 72
© - Images Vidéo / MCG - octobre 2003