La vannerie, un art accompli
   
    dates de l'exposition : du 29 avril au 28 mai 1994
 
 

Consacrée à la vannerie créole et amérindienne, cette exposition a présenté de nombreux objets issus des collections du futur Musée régional.

Très vivace dans la société amérindienne, de moins en moins pratiquée chez les créoles, cette activité artisanale témoigne de l’extraordinaire rapport que l’homme a établi, au cours de son histoire, avec le milieu naturel, exploitant son environnement selon son génie propre.

A travers les différents objets exposés, on comprendra que la vannerie s’inscrit dans une histoire, et qu’elle est le reflet privilégié des contacts inter-culturels qui ont pu s’établir entre les groupes amérindiens et créoles : l’illustration la plus évidente se trouvant à travers les différents accessoires utilisés pour la fabrication de la farine et des galettes de manioc.

Le travail du tressage, la variété des techniques, l’approche esthétique font de la vannerie un artisanat d’art, associant le beau au quotidien. Les descriptions des chroniqueurs dans les relations de voyage des 17ème et 18ème siècles attestent une grande ancienneté dans la pratique et l’utilisation de la vannerie, à une transmission des techniques artisanales des débuts de la colonisation à nos jours. Le travail du manioc et la vannerie sont intimement associés.

En effet, nombre d’objets sont utilisés pour la fabrication du couac et de la cassave, témoignant de l’extraordinaire variété des accessoires employés :

 

La hotte de portage, communément appelée catouri-dos, sert au transport des tubercules et du bois . Habituellement fabriquée en liane franche ou en arouman, elle peut aussi être confectionnée en feuilles de palmier tressées.

 
Le tamis, encore appelé manaret, utilisé pour tamiser la farine de manioc. Le tressage sera plus ou moins serré, selon l’utilisation et la destination de l’objet (réseau généralement plus fin pour la cassave que le couac, par exemple).
 
La presse à manioc, ou couleuvre sert à extraire le jus toxique contenu dans le manioc. Cylindrique extensible tressé d’une seule pièce, la couleuvre, confectionnée en arouman, présente à l’extrémité supérieure un anneau de suspension et à l’extrémité opposée un anneau de traction. Son tressage lui permet d’être étirée ou comprimée.
 
L’éventail à feu, appelé walwari chez les créoles, employé pour attiser le feu lors de la cuisson du couac ou de la cassave et à retourner les galettes en cours de cuisson. Il peut être fabriqué en arouman ou en feuilles de palmiers (awara et counana).
 
La natte carrée, utilisée pour déposer la cassave. Tressée en feuilles de comou, elle est munie de petites poignées à chaque angle.
 
       
   
       
Cette exposition fait suite à un atelier de pratique artistique et culturelle sur la vannerie, qui s’est tenu au mois de juillet 1993. Ouvert au grand public et plus particulièrement aux jeunes demandeurs d’emploi, cet atelier avait pour objectif d’initier aux techniques de vannerie artisanale, pouvant déboucher sur une activité économique de complément.

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